Comédie musicale

Les 15, 16 et 17 avril 2010 à la salle Albert-Rousseau, la comédie musicale Thoroughly Modern Millie a été présentée par la troupe de théâtre anglophone de Saint-Jean-Eudes, en collaboration avec le département de musique. Gagnante du prestigieux trophée du Tony award de la meilleure comédie musicale sur Broadway en 2002, Thoroughly Modern Millie a su convaincre le public  par son humour et ses pièces envoûtantes. L’impressionnant spectacle était l’adaptation du film qui lança la carrière de Julie Andrews en 1967.

Les élèves fréquentant l’Externat ont assisté à la représentation du 15 avril en après-midi. Tout le personnel de l’école était également sur place afin de pouvoir assister à un spectacle inoubliable. Il s’agissait d’une dixième comédie musicale pour Saint-Jean-Eudes. Parmi les comédies réalisées par la troupe, on retrouve Disney’s Beauty and the Beast, Fame-The musical, West Side Story et The Wizard of Oz.

La troupe se démarque des autres représentations d’écoles secondaires par l’ampleur de ses prestations. L’équipe est constituée encore une fois d’une cinquantaine de comédiens et comédiennes et d’un nombre égal de musiciens. Ces spectacles représentent le fruit de longues heures de travail tant pour les musiciens que les comédiens.

Pour des informations supplémentaires, communiquez avec madame Marie Vaillancourt au 418 627-1550.

 

 

Thoroughly Modern Millie…

En coulisse avec Mr P!

Moins d’une heure avant le lever de rideau, la nervosité a gagné tous les participants. Dans les coulisses, les techniciens font les dernières mises en place.  À la console, Jean-François Roy, François Ouellet et Stéphane Prémont s’affairent aux derniers tests et ajustent son et éclairage.  Dans la fosse, les musiciens répètent une dernière fois. Toutefois, c’est dans la loge des artistes que l’intensité a atteint son plus haut niveau. Les vocalises semblent pendant un instant contrôler la nervosité des artistes. Puis, vers 19h30, c’est le grand rassemblement dans la loge.

Après la remise de fleurs aux artisans et bénévoles Stéphane Prémont d’abord puis Dany Lachapelle s’adressent à tout ce beau monde. Après certaines consignes habituelles, Stéphane entre dans le vif du sujet.  C’est  avant tout l’éducateur qui parle. À l’entendre, on se rappelle l’enseignant qui, au début de la leçon, demande à ses élèves d’imiter le train en leur faisant répéter I think we can, I think we can, I think we can, prenant bien soin d’accélérer la cadence pour bien imiter le bruit d’un train qui quitte la gare.   Stéphane met tous les participants en confiance et les invite à un plus grand effort de concentration pour ce «dernier  voyage».

 

Puis Dany prend la parole.  Il demande  à tous les participants de faire une chaîne en se donnant la main et  insiste sur l’importante de chaque chaînon dans la force de cette  chaîne. Il rappelle aux jeunes la beauté du précieux moment qu’ils sont sur le point de vivre. Son message atteint son paroxysme quand il demande à tous de faire de ce dernier spectacle un moment inoubliable. Il leur assure qu’ils vont tous en retenir un souvenir, ne serait-ce qu’une chanson, alors Make it  a moment  to remember.

Les  participants se dispersent dans la salle. Les techniciens reprennent leur poste  dans les coulisses.  Puis arrivent deux cheerleaders qui reviennent d’une compétition en après-midi.  Elles sont venues saluer et encourager leurs copines. La sincérité du geste est si profondément marquée et sincère chez les jeunes qu’on y tire chaque fois une leçon, une inspiration. Les adolescentes en costume avec un ruban dans les cheveux aux couleurs si significatives offrent ici leur encouragement aux acteurs principaux.

 

Le grand moment approche. À  17h50, dans la loge, on se met à chanter une chanson très rythmée,  Singing is good, singing is fine.  La chanson ne fait pas partie du répertoire de Thoroughly Modern Milly. Une participante me dit alors que madame Diane Breton, leur enseignante de musique, leur a montré cette chanson il y a quelque temps comme dernier échauffement avant une répétition. Un dernier moyen de surmonter le trac de plus en plus écrasant. L’enseignement fait son chemin jusqu’à la dernière minute. Cette fois l’enthousiasme est renouvelé. Comme on aime le dire, on est dès lors convaincu que ça va aller.

Les participants ont maintenant presque tous pris leur place dans les coulisses et dans la fosse. Je regarde l’horloge. Il est 17h57.  Millie, est  l’une des dernières à quitter la loge. Son micro ou ses cheveux ont besoin d’une dernière retouche. C’est Justine, une ancienne, qui s’acquitte de cette tâche.

On ne parle plus. Entre deux actrices adolescentes, le message passe sans parole. Cette photo, c’est un peu d’abord pour les parents, peut-être plus pour les mamans et surtout pour les éducateurs qui ont vu grandir et s’épanouir un talent souvent au prix de nombreux sacrifices et quelquefois à travers des discussions laborieuses.  La photo vient ici confirmer dans la générosité du geste que le message s’est rendu.

La loge est maintenant presque déserte.  Il ne reste que quelques mamans bénévoles qui regardent l’écran au mur de la loge et fredonnent  New York, New York. C’est parti.  Le  train vient de quitter la gare.  C’est l’heure d’une courte pause bien méritée,  entre deux chorégraphies, pour Carole  Bélanger et Lise St-Gelais, deux généreuses et dévouées mamans bénévoles affectées, entre autres tâches, au maquillage.

 

Montons dans les coulisses pour voir les techniciens à l’œuvre.  La toujours souriante  Marie Vaillancourt était responsable à la régie.  On la voit ici suivre le script pendant que plus loin, Ching Ho et Bun Foo attendent leur entrée en scène. Marie est une habituée des comédies musicales, elle en est à sa cinquième. Elle y joue un rôle important avec générosité et enthousiasme.

Tout près de Marie, se trouve Annie-Claude Desroches-Martel, autre enseignante  responsable de la projection en salle du script de la traduction des répliques de Ching Ho et Bun Foo. Tout comme Marie, elle doit suivre le texte réplique par réplique.

 

On dit que le travail en coulisse est impressionnant.  Le changement des décors est réglé à la seconde près et dans un espace plutôt réduit.  Ici on aperçoit Billy Chabot et l’infatigable Jean-Martin Hudon. En plus de travailler en coulisse, Jean-Martin a orchestré la préparation et la confection des décors, il a assuré leur transport à partir de l’entrepôt à Beauport jusqu’à la scène et, après le spectacle, de la scène à l’école. Ce dernier travail s’est terminé aux petites heures du matin. L’arrivée de Jean-Martin à Saint-Jean-Eudes a changé toute la vie étudiante tellement ses réalisations sont nombreuses. Les décors de la pièce étaient au cœur des conversations à l’entracte dans le hall.  Ceux qui avaient eu la chance de voir la production originale de la pièce se demandaient comment on arriverait à reconstituer le décor de certaines scènes. L’ascenseur, les portes tournantes, les chambres à l’étage et certains panneaux  tenaient du talent de leur concepteur. The Phantom of Limoilou a même provoqué un éclat de rire chez plusieurs et suscité une réflexion pour d’autres, particulièrement les plus vieux anciens de Saint-Jean-Eudes. L’expression, en effet, ne pouvait que rappeler les nombreux moments où la prestigieuse institution de Limoilou a frôlé la disparition avant de devenir l’inspiration des élèves et des éducateurs dans le Bourg-Royal.

À une époque où les élèves de l’Externat étaient moins gâtés, il y avait des voyages-échanges avec des écoles d’autres provinces et l’une de ces aventures avait conduit nos jeunes dans une école du sud du Manitoba peuplée d’immigrants venus d’une région qui avait souffert.  Dans cette école, on cultivait les racines ancestrales et on y enseignait le Low German.  Au cours de ces voyages,  on demandait toujours à nos élèves de mettre une chanson dans leur cœur pour les égayer ou leur rappeler l’activité pendant longtemps. Le petit mot de la Dishwasher (Lauralie Rodgers) avant le spectacle me rappela qu’au Manitoba on avait alors invité nos élèves à assister à une pièce de théâtre en Low German, donnée par les élèves de cette école. Nos élèves n’y comprirent  à peu près rien.  Mais la mélodie principale de la pièce, Stenka Rasin, devint cette année-là la chanson-souvenir des élèves.

Il  est difficile de prévoir quelle chanson de Thoroughly Modern Milly fera l’histoire dans le cœur de nos jeunes participants.  Ah Sweet Mystery of Life marque par le symbole de la découverte de  l’amour, l’un des temps forts de la vie chez les adolescents. Le signe déclencheur, un incident fortuit, une phrase, un clin d’œil, un sourire, demeure toujours un mystère.  Dans ce sens, Muqin est peut-être la mélodie qui a le plus de signification à la fois par son titre et par le message qu’elle livre.

Au fond de la salle,  on retrouvait  trois personnes à la console, peut-être les plus concentrées sur le spectacle, d’abord à gauche Jean-François Roy, technicien au son, Stéphane Prémont et François Ouellet, technicien à l’éclairage. C’était vers la fin de la représentation et on peut déjà lire la satisfaction sur leur visage.

 

Aussi, à la finale,  l’auditoire s’est levé d’un bloc pour applaudir chaleureusement.  Comment les jeunes pourraient-ils oublier cet important épisode de leur formation? En référence au mot du directeur général dans le programme de la soirée, «cet apprentissage est au cœurdu projet éducatif de l’Externat».  Tous les acteurs et artisans  du spectacle sont en somme choyés d’avoir un directeur qui croit profondément au projet éducatif de l’Externat et surtout encourage sa réalisation de toutes ses forces.

Merci et bravo à Dany et Stéphane d’avoir placé une chanson dans le cœur de tous ces jeunes et celui des moins jeunes aussi.

Mr. P